Idées du Continent

La ruée vers le Nollywood à la demande

déclinaison dse hollywood en Nollywood

Avec près de quatre milliards de dollars de recettes et 2.000 films produits chaque année, Nollywood, l’industrie cinématographique nigériane a explosé et se positionne désormais à la deuxième place mondiale derrière Bollywood et juste devant Hollywood. Face à ce marché en plein essor, des initiatives fleurissent pour faciliter l’accès aux films en ligne sur le modèle de Netflix.

Internet révolutionne la distribution des films made in Nigeria

« Nous espérons être à l’Afrique ce que Netflix est au monde »
Linda Ikeji, fondatrice de LITV

Jusqu’ici, la production nollywoodienne se vendait surtout à la sauvette, sur des DVD piratés pour 1 ou 2 dollars, dans les embouteillages des métropoles africaines, où les salles de cinéma restent rares. 

Depuis, les promoteurs du secteur ont compris l’intérêt de distribuer autrement ces films nigérians très populaires sur le continent, en misant sur des plateformes de vidéo à la demande en ligne.

C’est ainsi que Linda Ikeji, star des réseaux sociaux au Nigeria, a lancé l’année dernière LITV (Linda Ikeji Tv), qui offre pour 1.000 nairas (environ 2,3 euros) par mois, des dizaines de films, séries et shows inspirés d’émissions US. « Nous espérons être à l’Afrique ce que Netflix est au monde », avance l’ambitieuse blogueuse qui affiche 2 millions d’abonnés sur sa page Instagram.

La société nigériane Envivo, associée à l’américain Cisco, porte également un projet similaire avec un investissement à plus de 20 millions de dollars.

Des concurrents aux offres accessibles ont également émergé ces dernières années, comme le Kenyan BuniTV (5 dollars par mois) ou encore le Sud-africain Africa Magic Go (8 dollars par mois).

Un modèle économique encore à peaufiner

Quel modèle économique viable pour le Nollywood en ligne, alors que la faible couverture de l’Internet haut débit reste un frein important ? Aujourd’hui, seulement un tiers des Africains ont  accès à Internet, contre plus de 50% dans le reste du monde, même si l’Afrique a affiché la plus forte progression d’utilisateurs d’Internet l’an dernier, notamment sur mobiles (rapport Global Digital 2018).

« Même IROKOtv, pionnier sur le continent, ne fait pas véritablement de profits », avance Serge Noukoué, organisateur de la Nollywood Week à Paris. Il ajoute : « Aujourd’hui, le consommateur africain paye au cas par cas pour voir un film, et le moins possible »

Dans tous les cas, ces initiatives qui sont un pari sur l’avenir décolleront vraiment lorsque les connexions seront meilleures.

Mais, il n’y aura pas de place pour tout le monde. Les grands acteurs de la vidéo à la demande comme Netflix, qui dispose de moyens considérables et qui s’est lancé dans les 54 pays africains début 2016, pourraient sérieusement redistribuer les cartes dans les prochaines années.

Articles similaires

SenTaxiMedia : Faire des taxis vos partenaires publicité au Sénégal

Rédaction AM

KFC : Quand l’actualité foot inspire les publicitaires sud-africains

Rédaction AM

Tambour : partir à la conquête du monde en relookant un produit « Made in Africa »

Rédaction AM

Leave a Comment

* En postant des commentaires, vous acceptez leur utilisation par ce site.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez notre charte cookies et nos CGU. Notre objectif est de vous offrir la meilleure expérience possible. J'accepte En savoir plus

Partager